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11 mai 2006

En bas

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03 mai 2006

Trekking au Kazakhstan

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Lorsque je parle photographie avec des amis ou des connaissances non passionnés, les termes que j’entends le plus souvent sont « vacances, voyages, enfants, réunions de famille » ou encore « numérique, 5 millions de pixels, 6, 7, 8, écran super large, carte SD, MM, PP QQ … ». On dévie soit sur les photos du petit dernier, quand ce n’est pas vers celui-ci ou bien vers un cataloguage des dernières nouveautés numériques !

A l’évidence, le rapport à la photo de la majorité des gens est soit totalement pratique, destinée à fixer des souvenirs simples de la vie, soit fantasmatique, le boîtier et la chambre d’un appareil étant élevés aux rangs de calandres et de moteurs de voitures de rêves !

Bien sûr, je ne suis guère différent et je fais beaucoup de photos pour fixer quelques instants … ok Cécile … beaucoup trop d’instants !!! … et j’adore aussi discuter des dernières avancées de tel ou tel appareil.
Pourtant, quand je pense à la photo me reviennent immédiatement une foule de souvenirs, dans lesquels deux sentiments se mêlent : l’excitation face à un paysage ou une scène mémorables et l’excitation face au « défi » de les restituer tels que je les perçois.

A l’évidence ces deux sentiments étaient bien présents en cette fin de matinée dans le nord de l’Himalaya …

Après avoir passé un col la veille, nous descendions à pied, depuis le matin, un torrent bouillonnant qui devait nous amener vers une nouvelle vallée.
Le guide marche devant nous tandis que le cuisinier et le « palefrenier » suivent derrière avec nos bagages sur les chevaux.
Nous empruntons un énième coude de la rivière lorsque se profile soudain devant nous … appelons çà un pont ?! je pensais plutôt à 2 poteaux jetés en travers du torrent furieux !
Le guide nous rassure quant à sa solidité, passe le 1er et, au moment où je passe à mon tour, l’excitation commence à me gagner en imaginant la même scène avec les chevaux, les 4 fers écartés, en équilibre instable, les bagages ballotant de gauche et de droite, et avançant dans ces conditions le long des poteaux au dessus du torrent !

Aussitôt sur l’autre rive je me hâte d’assembler objectif et reflex ; je me tasse par terre, au bord de l’eau, pour renforcer l’impression de fragilité et de danger. C’est que dans l’objectif, je vois en contre-plongée le ciel entre les poteaux, les flots tumultueux du torrent et, au-dessus de tout çà, la forêt et la montagne en arrière plan sur lesquels viendront se découper deux chevaux !
Je vous jure que je salive déjà devant l’image que je vais produire tandis que les chevaux approchent ! et là que se passe t-il ? ils sont fous ?! Le 1er entre dans l’eau … avec nos bagages qui plus est ! et entreprend de traverser le torrent ainsi !!!
Foutue ! ma magnifique image est foutue ! envolée !

Très énervé et en même temps bien décidé à tirer partie de cette situation inattendue, je contourne le pont, remonte le torrent le plus possible pour ne plus avoir ces satanées poutres désormais inutile dans mon champ de vision et là … re-zut !!!
Le cheval est presque sorti de l’eau tandis que le second attend sur l’autre berge !
Décidément je me dis que cette journée n’est pas la mienne ! mais voilà qu’il reprend sa marche tandis que l’autre entre à son tour dans l’eau … faut pas que je le rate cette fois-ci ! mais que faire ? tout seul ce cheval ce ne sera qu’un souvenir ?! comment remplir l’image autours de lui ?
Mauvais point de vue : de trop loin, je suis passé à trop près ! Je me recule vivement et je vois peu à peu rentrer le 1er cheval dans mon cadre ! encore un peu et … voilà … ils y sont tous les 2 ! mais nom de nom de nom d’un chien ! le 1er est dans l’ombre de la montagne et les autres en pleine clarté, qui plus est avivée par les reflets du soleil dans l’eau ! une petite mollette à tourner sur l’appareil pour une mesure de la lumière pondérée … mais pas centrale, un dernier cadrage et clac ! l’image est dans la boîte ! Enfin !

Le 1er cheval sort de mon cadre … le 2em est déjà presque hors de l’eau … il doit avoir des nageoires … bref, trop tard pour une 2eme image … effectivement, le 3em cheval n’étant pas monté, il a moins d’intérêt …

Au retour de voyage se présentera au développement ce que je craignais évidemment : un premier plan sous-exposé et un second surexposé. De surcroit, la diapositive est mal scannée. Mais que voulez-vous ? Un jour, lorsque je connaîtrai enfin Photoshop sur le bout des doigts je pourrais l’améliorer …

En attendant, le souvenir qui m’est resté n’est pas celui de l’appareil, de sa marque, de l’objectif ; pas non plus celui non plus d’un banal souvenir, mais d’un nouveau moment intense, exceptionnel pour le citadin que je suis habituellement.
Qui osera dire après çà que lorsqu’on photographie, on ne vit pas l’instant ? hein Cécile ? ose un peu ! ;-)


Philippe Piquot


Boîtier Minolta 9Xi
Objectif Minolta 28-105 f2.8-4.5 ouvert à 30-35mm
Accessoire : filtre polarisant
Pellicule Sensia 100ASA (diapo)


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