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21 mai 2006

Des poneys Highland sur le plan d'eau de Saulx Les Chartreux

Cette note vient pour compléter l'album intitulé "Poneys sur la Bassin de Saulx".
En effet, il m'a semblé utile d'en dire un peu plus sur ce projet et sur les efforts et le temps nécessaires pour qu'il passe de l'état d'une simple idée à celui d'une action concrète.

Pour visualiser les commentaires de chacune des photos de l'album, il faut cliquer sur la 1ere et faire ensuite "suivant".



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Genèse d’un projet

Le contexte : un bassin artificiel de retenue d’eau à seulement 18km de Paris

En 1985, un bassin de retenue d’eau est creusé à Saulx Les Chartreux (91) pour collecter les eaux de débordement de l’Yvette et empêcher ainsi les inondations en aval de son cours. Ce bassin est creusé dans une prairie humide, inondée naturellement lors des crues de cette rivière. Il a donc pour but de démultiplier le volume d’eau détournable de l’Yvette.


L’idée d’y introduire des poneys

Cette idée est venue quelques années plus tard à un proche résidant du Bassin, sensibilisé aux questions environnementales, en constatant qu’il existait un décalage entre la richesse du biotope de ce Bassin, pourtant artificiel, et la manière de l’entretenir, peu respectueuse de cette richesse.

Le constat : un milieu naturel riche et des méthodes d’entretien qui l’appauvrissent

Ce résident, Manuel Menot, fait partie d’une petite association de défense et de protection de la nature, la SEPNE, qui deviendra plus tard NaturEssonne. En se promenant sur le bassin, il constate l’existence de nombreuses espèces florales, d’oiseaux locaux et migrateurs, de reptiles et de batraciens.
Hélas, les méthodes d’entretien mettent en péril ce milieu riche et varié car elles n’y sont pas adaptées.
Voici quelques exemples d’espèces rares à assez rares qu’il trouve sur le plan d’eau :
De la « laîche des renards », de la « laitue vireuse », des « bouscarles de Cetti » (passereau), des pies grièches écorcheuses, des bécassines des marais, des martins pêcheurs, des fuligules morillons (canards migrateurs), des sarcelles d’hivers, des couleuvres à collier, orvets communs etc etc
Des inventaires détaillés réalisés par la suite par l’Association permettront de relever la présence de 190 espèces d’oiseaux sur le bassin parmi lesquels 5 espèces se trouvent sur la liste rouge des oiseaux de France et de 122 espèces floristiques parmi lesquelles 15 sont de valeur patrimoniale. Cet inventaire reste encore à faire pour les mammifères, les reptiles et les batraciens.

Objectif d’un bassin de collecte des eaux et entretien
Le critère principal pour l’aménagement du bassin est d’empêcher toute entrave à la libre circulation des eaux en cas de crue. Cela implique un fauchage régulier. Mais faucher une zone de 50 hectares n’est imaginable à l’époque qu’avec des engins mécaniques. Le choix est donc fait du gyrobroyage.

Effets du gyrobroyage sur l’environnement

Cette technique que l’on peut voir sur les bords des routes consiste à faire passer à ras du sol des lames qui vont couper et broyer en même temps les herbes, ce qui permet d’aller vite et de laisser sur place les déchets réduits à l’état de poudres.
Seulement l’impact sur l’environnement est agressif : les petits mammifères et les reptiles n’ont pas de moyen de s’enfuir et sont tués ou broyés, au mieux blessés.
Lorsque les fauchages ont lieu en période de nidification des oiseaux migrateurs, leurs nids, qui sont construits à même le sol, sont eux aussi détruits.
De plus le bruits important occasionné par ces engins a tendance à faire fuir les oiseaux et à les décourager de nidifier.
Enfin, la matière qui est laissée sur place entraîne des modifications de la composition du sol car elle provoque une augmentation du taux d’azote favorisée par le taux de matières organiques. Cette modification favorise la croissance de plantes communes telle que l’ortie en même temps qu’elle réduit la présence de plantes plus rares, ainsi que leur diversité.

Les acteurs de ce milieu se parlent et s’entendent
Le Syndicat Intercommunal d’Aménagement Hydraulique de la Vallée de l’Yvette (SIAHVY), qui a crée ce bassin de retenue répond à des exigences d’efficacité et de rentabilité pour son entretien.
NaturEssonne y voit par contre un écosystème riche et fragile qu’il s’agit de préserver et qui permet en plus de sensibiliser le public à la beauté et au respect de son proche environnement. C’est dans ce but que Mr Menot, au nom de NaturEssonne, organise des visites du bassin et de son milieu naturel depuis la fin des années 80. Entre 1987 et 2001, 2200 personnes ont assisté à ces visites.
Cet intérêt du public et du milieu scolaire, puisque des visites sont également réalisées pour les classes des écoles environnantes, permet de faire prendre conscience au Syndicat de l’Yvette que le plan d’eaux est bien plus qu’un simple bassin de rétention des eaux de crues.
Il accepte donc que cette association détermine les périodes et la manière de faucher.

L’idée du pastoralisme était née

Le syndicat modifie d’abord sa technique de fauchage en faisant passer les lames à quelques centimètres du sol pour épargner les petits mammifères et les reptiles. Les fauchages respectent aussi les périodes de nidification. Mais ce n’est pas suffisant. Une seule méthode permet de concilier l’exigence de fauchage avec le respect de l’environnement : l’introduction dans ce milieu d’herbivores, ce qu’on appelle le pastoralisme.
Pour le bassin, on parlera de pastoralisme extensif. En effet, il faut maintenir un délicat équilibre entre l'action des animaux et celle du milieu naturel. Avec 2 poneys, la pression de pâturage sera faible par rapport à la surface pâturée. Poneys et milieu naturel, chacun pourra effectuer son cycle de développement tandis que les 2 contraintes du bassin seront respectées : assurer le fauchage pour permettre le bon écoulement des eaux en cas de remplissage et maintenir la biodiversité.

Quelques dates d’un projet compliqué et long à mettre en place

En 1995 paraît un rapport sur le projet de classement du bassin de Saulx en réserve naturelle par le SIAHVY.
L’Association se bât également pour classer ce site, lequel devient une « Réserve Naturelle Volontaire » en 1998 grâce notamment aux inventaires.
Ce classement entraîne l’obligation d’un plan de gestion par le propriétaire qui soit respectueux de la biodiversité et de la valeur du site (d’une durée de 6 ans renouvelables et qui réunit tous les partenaires).
Ce plan est déjà rédigé depuis 1998 par Manuel Menot.
Le 6 mars 2000, le rapport de faisabilité est validé.


Difficultés légales

Le Syndicat de l’Yvette n’étant pas mandaté pour une autre action que l’aménagement du bassin et de ses berges dans le but d’y accueillir les eaux des crues, il lui faut créer une nouvelle structure pour appliquer le plan de gestion.
En effet, de nouvelles questions s’imposent : Comment retirer des animaux à temps en cas d’inondation du bassin ? C’est un gros risque à prendre. Comment les protéger d’actes répréhensibles ? (vols ou agressions)
La réponse à ces questions, à d’autres, et la prise de responsabilités sera confiée à une nouvelle structure crée pour l’occasion, le Syndicat Intercommunal du Plan d’Eau (SIPE). Celui-ci confie la gestion opérationnelle de cet écosystème à NaturEssonne.

De nouveaux relais d’action
Dans le même temps l’association poursuit son travail de sensibilisation du public en alertant les hommes politiques locaux. Dans un contexte où les questions environnementales sont de plus en plus présentes dans les débats politiques et dans la presse, NaturEssonne trouve un écho dans la personne de Mr Nevers.
Tour à tour Maire de Villebon, une commune voisine, Président du SIAHVY, Conseiller général, régional, et Député, Mr Nevers est séduit par le projet et le soutient.
En 2002, le Conseil Régional lance un concours en matière d’environnement et s’engage à doter les 3 meilleurs d'un budget. 32 projets sont déposés. Le projet de pastoralisme sur le Plan d’Eau de Saulx arrive 1er et se voit doter de 150.000 francs (23k€).

Irréversibilité du projet
L’existence d’un budget permettant d’acheter des animaux et de protéger le site (enclos, barrières électriques, portail pour fermer l’accès aux îles du bassin), ainsi que le vote par la sous-préfecture de la faisabilité du projet de pastoralisme entraîne son irréversibilité. En effet, l’Etat le soutient désormais par l’entremise de la DIREN (Direction Régionale pour l’Environnement).
Le plan de gestion du bassin doit désormais s’appliquer à l’horizon du printemps 2003.

Difficultés administratives
Hélas, le principal soutient politique de ce projet, Mr Nevers, disparaît brutalement. L’avancement du projet s’en trouve fortement ralenti puisqu’il était jusqu’alors toujours présent pour mettre la pression sur les hommes ou les administrations qui prenaient un peu trop de temps pour passer aux étapes suivantes.

Le 20 mai 2006 : l’aboutissement du projet
Finalement, c’est à peu près 15 années après l’idée de faucher le bassin par des moyens naturels que cette gestion débute par l’introduction de 2 poneys Highland sur les îles du bassin déjà aménagées et protégées par le SIPE.

Pourquoi des poneys ?
D’abord, il est plus difficile de tuer ou de voler des poneys, relativement sauvages de surcroît que des moutons.
Ensuite, le poney Highland, originaire d’Ecosse, est très rustique, économique et d’une grande longévité.
Enfin, le site étant très apprécié du public et du milieu scolaire, un poney crée un attachement bien supérieur à un mouton ou à une vache et incarnera plus naturellement cette idée du respect à apporter à son environnement.

Qui sont-ils ?
Flore des Falises a une robe bai clair et a 13 ans. Elle est donc en pleine maturité puisque les poneys Highland peuvent vivre jusqu’à 30 ans.
Ourga de Tounessac n’a que 4 ans mais elle a pourtant déjà atteint son stade de développement adulte.

D’où viennent-ils ?
Leur Eleveur est Monsieur Jacky PRIEUR, ici présent avec la barbe
Domaine de Tournessac

23270 BETETE
Tel/fax : 05 55 80 89 29
Cet éleveur a 40 ans d’expérience de la race des Highlands et exerce son métier avec autant de passion que de sérieux.

Adresse du Centre Equestre en charge du suivi sanitaire des chevaux et de les héberger pendant les périodes de crues du Bassin :
Ecurie de Chartreux
3 bis, rue Salle
91160 Saulx Les Chartreux
Tel : 01 69 09 99 14
Fax : 01 64 48 36 05

Et bien sûr l'adresse de NaturEssonne
6, route de Montlhéry
91310 Longpont Sur Orge
Tel : 01 69 01 50 23
Fax : 01 69 01 34 84

Philippe Piquot