Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31 mai 2006

Nuages de plomb sur le Mont

Voilà bien 2 semaines que je n'avais pas publié de photo commentée. C'est qu'il y a eu quelques nouveautés entre temps, comme ce reportage sur la mise en liberté de poneys highland sur les îles d'un bassin de retenue à Saulx Les Chartreux (près de mon ex-chez moi quand ze n'était qu'un nenfant ;-))
Maintenant, çà rentre dans l'ordre et je vais reprendre le rythme. Par contre, pour une fois (et ce ne sera pas la dernière), il ne s'agit pas d'une diapositive mais d'une simple photo prise avec un compact numérique, mon fidèle Canon Ixus 50. Pas hyper top mais tellement plus discret et pratique !
@+

medium_Mt St Michel_mai 2005_Ixus 50.3.jpg


La photographie de paysage, avec le portrait, est sans doute le thème le plus fréquent chez les photographes amateurs. Dès lors, pour les plus exigeants se pose rapidement la question de la différenciation avec la masse de photographies accessible au grand public sur ce vaste thème … et les 1ers découragements ! Effectivement, n’êtes-vous pas en admiration devant les magnifiques prises de vues aériennes de Yann Arthus Bertrand ? Devant les reportages publiés dans les revues Géo, Terre Sauvage, National Geographic ou autres ? Ne vous êtes-vous jamais inspirés des cartes postales pour réaliser de belles images de vos lieux de vacances en espérant faire au moins aussi bien ?

Vous, je ne sais pas, mais moi, je suis passé par là et j’ai cherché … et je cherche encore à trouver le moyen d’étonner, de susciter des émotions, des réactions au moins, devant mes photos.

La solution la plus évidente est sans doute d’aborder un site connu sous un angle nouveau ; du moins pas trop rabâché, et d’attendre qu’il se passe quelque chose.

Le Mont a été photographié sous tous les angles, par tous les temps, mais les images les plus connues, qui font presque partie de notre inconscient, sont certainement celles où on le voit cerné par les eaux lors des grandes marées, où on le voit perdu au milieu des terres avec quelques moutons devant, et enfin en gros plan, avec son mur d’enceinte qui vous fait face, surmonté par de lourdes maisons en granit, elles-mêmes dominées par une puissante abbaye couronnée d’une flèche d’or.

Dès lors, la chose la plus urgente à faire est d’oublier ces clichés, sauf à vouloir montrer qu’on peut en faire autant, et à explorer les environs en commençant par les endroits que les touristes sont les moins nombreux à fréquenter ! Idiot me direz-vous ? Les touristes sont des gens avisés qui vont précisément là où il y a le plus à voir ? Que nenni ! Le touriste est toujours de passage et n’a que faire de perdre son temps à visiter au hasard ; il lit des ouvrages touristiques, suit les conseils de guides et, bon an mal an, suit les traces de tous ses précédents congénères.
Dès lors, vous serez très malin d’éviter d’en faire autant … pour peu que seule l’Image avec un grand I vous inspire et vous console de ne pouvoir raconter à votre retour ce que tout le monde attend de vous.

Partant de là, il existe donc un point de vue du Mont Saint Michel que seuls quelques courageux découvrent chaque année, en enlevant leurs godillots, en acceptant de patauger dans la vase et en bravant les légendaires sables mouvants de la baie : celui qui s’offre au promeneur traversant la baie à pied (ou à cheval) depuis la Pointe du Grouin ou depuis la plage du village de Genet, afin de surprendre le Mont par derrière.

Ce qui s’offre alors à vos yeux ébahis, ce ne sont pas les polders, dont toutes les revues vous feront un long article, car vous êtes sur le sable le temps de la basse marée ; ce ne sont pas plus les imposantes murailles et la grande abbaye car vous êtes encore trop loin du Mont, tout là bas au fond de la baie ; mais une étonnante montagne qui se dresse dans un univers d’une désolante platitude.
Là, déjà, vous sentez que vous tenez ce fameux nouvel angle … ne reste plus qu’il se passe quelque chose. Facile me direz-vous ? Asseyons-nous et attendons ! Ben non ! Trop facile justement …

Allons allons, je vais être sympa avec vous et vous donner la recette, encore que votre sagacité vous l’aura fait deviner j’en suis sûr : partez un jour de pluie ; plus précisément, partez un jour où on annonce un déluge ! Pas n’importe lequel, bien sûr … un déluge de fin du monde, une tempête en somme ! En plus, soyez rassurés : au bord de mer le soleil reparaît souvent après la pluie ; c’est un microclimat propre au littoral ; mais bon, ce n’est pas notre sujet ! Un dé-lu-ge vous ais-je dis ! Propre à recréer instantanément les flots qui se sont retirés si loin.

Regardez à nouveau cette photo ... et vous aurez l’explication d’un ciel si noir … en même temps que la satisfaction d’une image originale si vous y êtes à votre tour !

En plus, une fois arrivé au Mont, trempé, détrempé, glacé jusqu’aux os, les pieds boueux, collants de vase, vous apprécierez encore plus les petits plaisirs d’un chocolat ou d’un thé chaud. Mais surtout, vous ne prêterez aucune attention aux jaloux qui vous demanderont comment vous avez pu protéger votre appareil pendant le déluge que suggère votre photo … aucune attention ! Après tout, comment peuvent-ils comprendre qu’une photo pareille n’a pas de prix ... et qu'on ferait tout pour un chocolat chaud au Mont Saint Michel ?!


Philippe Piquot


Boîtier : Canon Ixus 50 (bé oui, pas plus ...)

Toutes les infos sur le Mont, la Baie etc sur le site wikipédia

Creative Commons License
Ce/tte création est mis/e à disposition sous un contrat Creative Commons.