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30 mars 2006

Phare de la Pointe d'Agon au couchant

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La Pointe d’Agon, pour ceux qui ne la connaissent pas, est une bande de terre - plutôt une bande de dunes – qui se referme sur l’estuaire de la Sienne, une rivière qui se jette dans La Manche entre les villes de Coutainville et de Régnéville. C’est ce qu’on appelle un « havre », parce que la rivière, à son embouchure, se déploie majestueusement, toute protégée qu’elle est des assauts de la mer.
Il n’y a qu’une vingtaine de havres en France et presque tous (une quinzaine) sont concentrés sur cette bande de littoral qu’offre le Cotentin sur sa partie ouest. C’est un magnifique paysage et un très beau spectacle sans cesse renouvelé par le va et vient des marées et la course folle des nuages remontant de l’Atlantique.
Ce rivage, qui est constitué de grandes plages sauvages plutôt que de récifs, se doit néanmoins d’être indiqué aux embarcations qui croisent au large la nuit ou par gros temps. C’est le rôle de ce phare, sentinelle solitaire posée sur les dunes et qui marque, par sa présence, l’unique relief de la côte en cet endroit.

Cette a été prise à la fin du mois d’août 2003, ce fameux mois de canicule. La région a connu alors quelques violents orages qui ont nettoyé le ciel des impuretés accumulées pendant les heures les plus chaudes et l’ont rendu, l’espace d’un moment, plus cristallin.

Lorsque j’ai vu le soleil descendre sur la crête des dunes, j’étais loin de là, occupé à prendre des photos de l’estuaire vers l’intérieur des terres. Pressentant que cet instant serait flamboyant, j’ai vivement regroupé mes affaires, cavalé à travers les dunes pour me rapprocher du phare et cherché un endroit qui me permettrait d’avoir le soleil dans l’axe de la lentille de fresnel.
Mon idée était bien sûr de donner l’illusion que la lumière émanait du phare, plus que du soleil, tout en bénéficiant d’un effet de contre-jour qui le ferait apparaître en ombre chinoise.
L’effet me semble réussit, mais, comme bien souvent, je dois la réussite de cette image aux flamboyantes couleurs déployées ce soir là par le soleil couchant, et, comme une cerise sur le gâteau, à la présence tranquille de 2 promeneurs dont la silhouette se découpe en contrepoint du phare.

Bien sûr, j’ai pris plusieurs clichés de cette scène. 15 secondes avant et la lumière était trop fade. 15 secondes après et il ne m’était plus possible de trouver un endroit dans le bon axe !
Enfin, cette photo, qui a été réalisée avec un 105mm ne rendait pas grand-chose au grand-angle (18-35mm) car le ciel, ou le sol, prenaient bien trop d’espace et ne permettaient pas de trouver une accroche suffisante au regard.

Mon souvenir, en regardant cette photo, est donc celui d’un moment d’émerveillement devant la beauté du ciel à cette heure, d’un moment d’émerveillement si fugace et pourtant tellement durable …

Photo réalisée avec un boîtier Minolta 9Xi et un objectif Sigma 105mm f2.8
Pellicule : Sensia 100ASA (diapo)
Accessoire : filtre polarisant

Philippe Piquot

PS : voici quelques liens utiles pour celles et ceux qui souhaiteraient en apprendre plus sur ce lieu.

Le site de la ville la plus proche :
http://www.coutainville.com/
Du conservatoire du Littoral :
http://www.conservatoire-du-littoral.fr/front/process/Con...
D’un autre photographe de ces lieux, dont les photos m’ont séduites :
http://claude.schemali.free.fr/Cotentin/index.htm

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