16 août 2006
Les déboulonneurs de Paris - 23 juin 2006 - Les photos !
Voici un nouveau petit reportage réalisé à l'occasion d'une action du collectif des déboulonneurs de Paris.
Les militants de ce collectif luttent pacifiquement contre la prolifération sauvage des panneaux d'affichage publicitaire.
Leur moyen d'action : "barbouiller" les panneaux ou les publicités de leurs slogans anti-pubs.
Lorsque j'ai parlé avec l'un d'eux, au moment où 2 CRS allaient le faire monter dans le véhicule de police, je lui dit "j'ai déjà vu vos taguages sur des publicités dans le métro". Il me répond "nous ne taguons pas, nous barbouillons ; c'est plus bon enfant".

Avenue des Champs-Elysées, vers les 18h00, le vendredi 23 juin 2006.
Ces actions ont lieu tous les 4em vendredi du mois ...

Les CRS étaient très nombreux pour empêcher tout débordement

Après le barbouillage des panneaux publicitaires, action de pédagogie auprès de la foule

A priori, le choix d'un affichage pour lutter contre l'alcool au volant est criticable pour faire passer leur message. En réalité, c'est une manoeuvre de l'afficheur JC Decaux. Je vous explique : il s'agit de panneaux d'affichages déroulants ; la Direction de JC Decaux étant alertée de cette action (les déboulonneurs l'annoncent publiquement), ils ont dépêché des employés sur place qui ont figé le déroulement des publicités sur celle-ci afin de discréditer ce barbouillage. Pervers mais efficace si on ignore cette manoeuvre !
En tout cas l'effet du barbouillage est garanti ; jugez-en par la curiosité des passants ...

Les CRS ne sont pas là que pour la figuration ; ils embarquent les déboulonneurs pour trouble sur la voie publique. Rappelons que leur action est illégale et considérée comme un délit. Les CRS attendent cependant que l'action soit terminée dans la mesure où elle se déroule de manière pacifique et bon enfant.

Mais ces arrestations servent la cause des déboulonneurs. Peut-être permettront-elles de rétablir un équilibre entre une présence anarchique de panneaux publicitaires et l'interdiction d'exprimer un message dans nos villes s'il n'est pas ... publicitaire !

Quoiqu'il en soit, les journalistes, caméramens et photographes étaient très nombreux pour couvrir cette action !

Simple rappel de leur message en guise de conclusion
Vous pouvez accéder à un blog de l'un des membres de ce collectif qui résume très bien leur action. C'est ici !
Et lire le résumé complet de cette action du 23 juin aux Champs-Elysées.
Un autre résumé, mais ce n'est sans doute pas le seul ; il suffit de chercher sur la toile ...
Photigule
15:00 Publié dans Quelques photos , Souvenirs de prises de vues | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : déboulonneurs de Paris, France, Paris, reportage, photos, photographie, anti-pub
12 juin 2006
Arlésiennes : la remise du diplôme
En août 2005, j'allais aux Saintes-Maries de la Mer (Camargue) pour la 1ere fois et je suis tombé sous le charme des fêtes traditionnelles. Les corridas sont bien sûr les plus connues mais ce ne sont pas celles-ci qui ont retenues mon attention. C'est plutôt cette fête dite de "la remise des diplômes" aux Arlésiennes, ces femmes de la ville d'Arles, détentrices des traditions de ce pays de cocagne.
Si vous tenez à tout savoir sur ces fameuses arlésiennes et les traditions de ce pays, c'est ici. Vous en apprendrez bien plus que par moi. Je me suis contenté de faire quelques photos et de profiter de ce très beau spectacle.
13:30 Publié dans Quelques photos , Souvenirs de prises de vues | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : photo, arlésienne, saintes maries de la mer, camargue, photography, france
31 mai 2006
Nuages de plomb sur le Mont
Voilà bien 2 semaines que je n'avais pas publié de photo commentée. C'est qu'il y a eu quelques nouveautés entre temps, comme ce reportage sur la mise en liberté de poneys highland sur les îles d'un bassin de retenue à Saulx Les Chartreux (près de mon ex-chez moi quand ze n'était qu'un nenfant ;-))
Maintenant, çà rentre dans l'ordre et je vais reprendre le rythme. Par contre, pour une fois (et ce ne sera pas la dernière), il ne s'agit pas d'une diapositive mais d'une simple photo prise avec un compact numérique, mon fidèle Canon Ixus 50. Pas hyper top mais tellement plus discret et pratique !
@+

La photographie de paysage, avec le portrait, est sans doute le thème le plus fréquent chez les photographes amateurs. Dès lors, pour les plus exigeants se pose rapidement la question de la différenciation avec la masse de photographies accessible au grand public sur ce vaste thème … et les 1ers découragements ! Effectivement, n’êtes-vous pas en admiration devant les magnifiques prises de vues aériennes de Yann Arthus Bertrand ? Devant les reportages publiés dans les revues Géo, Terre Sauvage, National Geographic ou autres ? Ne vous êtes-vous jamais inspirés des cartes postales pour réaliser de belles images de vos lieux de vacances en espérant faire au moins aussi bien ?
Vous, je ne sais pas, mais moi, je suis passé par là et j’ai cherché … et je cherche encore à trouver le moyen d’étonner, de susciter des émotions, des réactions au moins, devant mes photos.
La solution la plus évidente est sans doute d’aborder un site connu sous un angle nouveau ; du moins pas trop rabâché, et d’attendre qu’il se passe quelque chose.
Le Mont a été photographié sous tous les angles, par tous les temps, mais les images les plus connues, qui font presque partie de notre inconscient, sont certainement celles où on le voit cerné par les eaux lors des grandes marées, où on le voit perdu au milieu des terres avec quelques moutons devant, et enfin en gros plan, avec son mur d’enceinte qui vous fait face, surmonté par de lourdes maisons en granit, elles-mêmes dominées par une puissante abbaye couronnée d’une flèche d’or.
Dès lors, la chose la plus urgente à faire est d’oublier ces clichés, sauf à vouloir montrer qu’on peut en faire autant, et à explorer les environs en commençant par les endroits que les touristes sont les moins nombreux à fréquenter ! Idiot me direz-vous ? Les touristes sont des gens avisés qui vont précisément là où il y a le plus à voir ? Que nenni ! Le touriste est toujours de passage et n’a que faire de perdre son temps à visiter au hasard ; il lit des ouvrages touristiques, suit les conseils de guides et, bon an mal an, suit les traces de tous ses précédents congénères.
Dès lors, vous serez très malin d’éviter d’en faire autant … pour peu que seule l’Image avec un grand I vous inspire et vous console de ne pouvoir raconter à votre retour ce que tout le monde attend de vous.
Partant de là, il existe donc un point de vue du Mont Saint Michel que seuls quelques courageux découvrent chaque année, en enlevant leurs godillots, en acceptant de patauger dans la vase et en bravant les légendaires sables mouvants de la baie : celui qui s’offre au promeneur traversant la baie à pied (ou à cheval) depuis la Pointe du Grouin ou depuis la plage du village de Genet, afin de surprendre le Mont par derrière.
Ce qui s’offre alors à vos yeux ébahis, ce ne sont pas les polders, dont toutes les revues vous feront un long article, car vous êtes sur le sable le temps de la basse marée ; ce ne sont pas plus les imposantes murailles et la grande abbaye car vous êtes encore trop loin du Mont, tout là bas au fond de la baie ; mais une étonnante montagne qui se dresse dans un univers d’une désolante platitude.
Là, déjà, vous sentez que vous tenez ce fameux nouvel angle … ne reste plus qu’il se passe quelque chose. Facile me direz-vous ? Asseyons-nous et attendons ! Ben non ! Trop facile justement …
Allons allons, je vais être sympa avec vous et vous donner la recette, encore que votre sagacité vous l’aura fait deviner j’en suis sûr : partez un jour de pluie ; plus précisément, partez un jour où on annonce un déluge ! Pas n’importe lequel, bien sûr … un déluge de fin du monde, une tempête en somme ! En plus, soyez rassurés : au bord de mer le soleil reparaît souvent après la pluie ; c’est un microclimat propre au littoral ; mais bon, ce n’est pas notre sujet ! Un dé-lu-ge vous ais-je dis ! Propre à recréer instantanément les flots qui se sont retirés si loin.
Regardez à nouveau cette photo ... et vous aurez l’explication d’un ciel si noir … en même temps que la satisfaction d’une image originale si vous y êtes à votre tour !
En plus, une fois arrivé au Mont, trempé, détrempé, glacé jusqu’aux os, les pieds boueux, collants de vase, vous apprécierez encore plus les petits plaisirs d’un chocolat ou d’un thé chaud. Mais surtout, vous ne prêterez aucune attention aux jaloux qui vous demanderont comment vous avez pu protéger votre appareil pendant le déluge que suggère votre photo … aucune attention ! Après tout, comment peuvent-ils comprendre qu’une photo pareille n’a pas de prix ... et qu'on ferait tout pour un chocolat chaud au Mont Saint Michel ?!
Philippe Piquot
Boîtier : Canon Ixus 50 (bé oui, pas plus ...)
Toutes les infos sur le Mont, la Baie etc sur le site wikipédia

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14:15 Publié dans Souvenirs de prises de vues | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : photographie, photo, Mont Saint Michel, pointe du grouin, genet, baie du mont, traversée de la baie
23 mai 2006
Poneys Highland, l'article du Parisien
Merci au journal et au journaliste, Nicolas Jacquard, de nous autoriser à le diffuser.
En prime, vous apprendrez qu'un projet similaire de pastoralisme avait déjà été mené à Verrières le Buisson. les ruminants étaient cette fois des génisses et non des poneys.
Pour information, la photo qui a été retenue pour illustrer l'article est celle-ci :

Ce n'est qu'une partie de l'image originale et je n'étais pas sûr de l'avoir bien reconnue moi-même. Voici donc la photo entière ... très différente ! En effet, le sujet est plus global puisque la présence des poneys n'apparait que comme la justification d'un événement officiel, symbolisé par ce ruban tricolore qu'un maire s'apprête à couper.

Là, je reprends ma plume de "bloggeur" passionné de photo et désireux d'expliquer l'instant décisif comme l'appelait ainsi Henri cartier-Bresson :
Il est intéressant de noter ce que signifie la partie sélectionnée de l'image :
On voit 2 poneys et une foule massée derrière. Celà situe le sujet principal, les poneys, et ce qui justifie la présence d'un journal d'actualité : l'événement symbolisé par la foule.
Les autres photos que j'avais transmises au journaliste n'avaient sans doute pas la même "puissance évocatrice" de cet événement local. En effet, elles portaient un autre message que celui de 2 poneys qui sont introduits en grande pompe sur un bassin de rétention.
Jugez-en vous même ... Une dernière remarque avant les photos : la dimension du lieu, le bassin, qui est pourtant essentiel puisque c'est elle qui justifie la présence des poneys, n'est pas suffisamment présente sur l'image qui est publiée. Comme quoi le choix d'une photo pour illustrer un article n'est pas si simple et peut parfois défier les "pronostics" du photographe et des personnes présentes pendant l'événement ! ;-)
Voici donc les autres photos proposées :






19:50 Publié dans Environnement / NaturEssonne , Souvenirs de prises de vues | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Photo
03 mai 2006
Trekking au Kazakhstan
Lorsque je parle photographie avec des amis ou des connaissances non passionnés, les termes que j’entends le plus souvent sont « vacances, voyages, enfants, réunions de famille » ou encore « numérique, 5 millions de pixels, 6, 7, 8, écran super large, carte SD, MM, PP QQ … ». On dévie soit sur les photos du petit dernier, quand ce n’est pas vers celui-ci ou bien vers un cataloguage des dernières nouveautés numériques !
A l’évidence, le rapport à la photo de la majorité des gens est soit totalement pratique, destinée à fixer des souvenirs simples de la vie, soit fantasmatique, le boîtier et la chambre d’un appareil étant élevés aux rangs de calandres et de moteurs de voitures de rêves !
Bien sûr, je ne suis guère différent et je fais beaucoup de photos pour fixer quelques instants … ok Cécile … beaucoup trop d’instants !!! … et j’adore aussi discuter des dernières avancées de tel ou tel appareil.
Pourtant, quand je pense à la photo me reviennent immédiatement une foule de souvenirs, dans lesquels deux sentiments se mêlent : l’excitation face à un paysage ou une scène mémorables et l’excitation face au « défi » de les restituer tels que je les perçois.
A l’évidence ces deux sentiments étaient bien présents en cette fin de matinée dans le nord de l’Himalaya …
Après avoir passé un col la veille, nous descendions à pied, depuis le matin, un torrent bouillonnant qui devait nous amener vers une nouvelle vallée.
Le guide marche devant nous tandis que le cuisinier et le « palefrenier » suivent derrière avec nos bagages sur les chevaux.
Nous empruntons un énième coude de la rivière lorsque se profile soudain devant nous … appelons çà un pont ?! je pensais plutôt à 2 poteaux jetés en travers du torrent furieux !
Le guide nous rassure quant à sa solidité, passe le 1er et, au moment où je passe à mon tour, l’excitation commence à me gagner en imaginant la même scène avec les chevaux, les 4 fers écartés, en équilibre instable, les bagages ballotant de gauche et de droite, et avançant dans ces conditions le long des poteaux au dessus du torrent !
Aussitôt sur l’autre rive je me hâte d’assembler objectif et reflex ; je me tasse par terre, au bord de l’eau, pour renforcer l’impression de fragilité et de danger. C’est que dans l’objectif, je vois en contre-plongée le ciel entre les poteaux, les flots tumultueux du torrent et, au-dessus de tout çà, la forêt et la montagne en arrière plan sur lesquels viendront se découper deux chevaux !
Je vous jure que je salive déjà devant l’image que je vais produire tandis que les chevaux approchent ! et là que se passe t-il ? ils sont fous ?! Le 1er entre dans l’eau … avec nos bagages qui plus est ! et entreprend de traverser le torrent ainsi !!!
Foutue ! ma magnifique image est foutue ! envolée !
Très énervé et en même temps bien décidé à tirer partie de cette situation inattendue, je contourne le pont, remonte le torrent le plus possible pour ne plus avoir ces satanées poutres désormais inutile dans mon champ de vision et là … re-zut !!!
Le cheval est presque sorti de l’eau tandis que le second attend sur l’autre berge !
Décidément je me dis que cette journée n’est pas la mienne ! mais voilà qu’il reprend sa marche tandis que l’autre entre à son tour dans l’eau … faut pas que je le rate cette fois-ci ! mais que faire ? tout seul ce cheval ce ne sera qu’un souvenir ?! comment remplir l’image autours de lui ?
Mauvais point de vue : de trop loin, je suis passé à trop près ! Je me recule vivement et je vois peu à peu rentrer le 1er cheval dans mon cadre ! encore un peu et … voilà … ils y sont tous les 2 ! mais nom de nom de nom d’un chien ! le 1er est dans l’ombre de la montagne et les autres en pleine clarté, qui plus est avivée par les reflets du soleil dans l’eau ! une petite mollette à tourner sur l’appareil pour une mesure de la lumière pondérée … mais pas centrale, un dernier cadrage et clac ! l’image est dans la boîte ! Enfin !
Le 1er cheval sort de mon cadre … le 2em est déjà presque hors de l’eau … il doit avoir des nageoires … bref, trop tard pour une 2eme image … effectivement, le 3em cheval n’étant pas monté, il a moins d’intérêt …
Au retour de voyage se présentera au développement ce que je craignais évidemment : un premier plan sous-exposé et un second surexposé. De surcroit, la diapositive est mal scannée. Mais que voulez-vous ? Un jour, lorsque je connaîtrai enfin Photoshop sur le bout des doigts je pourrais l’améliorer …
En attendant, le souvenir qui m’est resté n’est pas celui de l’appareil, de sa marque, de l’objectif ; pas non plus celui non plus d’un banal souvenir, mais d’un nouveau moment intense, exceptionnel pour le citadin que je suis habituellement.
Qui osera dire après çà que lorsqu’on photographie, on ne vit pas l’instant ? hein Cécile ? ose un peu ! ;-)
Philippe Piquot
Boîtier Minolta 9Xi
Objectif Minolta 28-105 f2.8-4.5 ouvert à 30-35mm
Accessoire : filtre polarisant
Pellicule Sensia 100ASA (diapo)

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18:00 Publié dans Souvenirs de prises de vues | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Voyage, tourisme, trekking, himalaya, kazakhstan, russie, chine
27 avril 2006
Caravane à flanc de montagne dans le Toubkal
Voici une autre photo prise pendant un trekking dans le Haut Atlas marocain.
Sur cette image, la vue plongeante ne suffit pas à nous indiquer que nous sommes en haute montagne avec un dénivelé vertigineux. On pourrait en effet presque se croire suspendus à une montgolfière ou à un ULM.
C’est l’effet que procure un téléobjectif même modeste, qui en isolant les détails d’un paysage ou d’une scène, en modifie ou en brouille les repères.
Ici, le relief s’efface tandis que les plantations de maïs en terrasses successives deviennent des éléments graphiques déterminants.
Cependant, plus que son aspect graphique, ce qui m’a impressionné lorsque je contemplais cette scène, c’est la symbolique qu’elle renferme.
Jugez-en :
Les hommes, ces petites tâches dans le coin droit en bas de l’image, à peine discernables de leurs mulets, apparaissent dans ce paysage comme des intrus, comme une singularité dans un environnement aride, rocailleux, pénible et par-dessus tout dangereux. Oui, dangereux car nous sommes en été, que les orages sont ici très violents et que s’il s’en déclarait un plus en hauteur, dans une vallée voisine, seul le grondement des flots cascadant soudain vers la caravane l’alerterait du péril imminent.
Pourtant, ce sont ces être si fragiles, si déplacés dans ce paysage tourmenté qui l’ont néanmoins façonné. Effectivement, comment des plantes pourraient-elles pousser là où on ne trouve que des pierres et de la poussière ? Comment pourraient-elles se fixer sur un sol raviné par de puissants torrents et où le pas le plus sûr est celui de la chèvre et du mulet ? Comment pourraient-elles croître et produire les semences d’une nouvelle saison lorsque l’eau est aussi rare que dévastatrice ?
C’est que depuis des siècles, depuis que les arabes ont chassé le peuple berbère des riches plaines de Marrakech vers les montagnes du Toubkal, ces hommes ont travaillé sans relâche pour domestiquer cette terre ingrate et y vivre ou y survivre.
Ainsi, ces petites tâches, écrasées par la montagne sont pourtant celles qui la dominent et qui permettent à la vie d’exister là où rien ne l’y prédestinait.
Néanmoins, cette vie est précaire ; elle repose sur un pacte séculaire qui unit ces hommes et leur environnement. Qu’ils cessent leur labeur et les terrasses seront peu à peu emportées par les intempéries et l’érosion de la montagne. Qu’ils cessent d’entretenir les vastes réseaux d’irrigation, destinés à amener sur ces terrasses une eau calme provenant de rares sources éloignées, et le maïs se dessèchera. Viendra ensuite la pénurie dans les villages vivant presque en autarcie et avec elle les maladies et un nouvel exode.
Ce que je vois dans cette image et qui me frappe par-dessus tout, c’est à quel point notre existence est fragile et repose sur un pacte, un équilibre avec notre environnement.
Dans nos pays dits développés, nous pensons avoir pris le dessus sur les éléments naturels. Cette erreur vient sans doute d’un manque de recul : prenez ma place sur ce pic rocheux et vous verrez à quel point le péril, comme ces orages menace. Nous avons peut-être déjà rompu ce fragile équilibre qui nous permet de vivre dans la quiétude, mais nous voulons l’ignorer car les flots ne grondent pas encore …
Pour terminer sur une note plus légère, je dois souligner avec quel plaisir, tandis que j’avais composé mon image pour que tout concours à attirer notre regard vers cette caravane, j’ai vu soudainement débouler d’en haut, non pas les flots, mais un retardataire bien décidé à la rejoindre au plus vite ! Outre le fait d’équilibrer un peu l’image par sa présence dans une autre partie de l’image, qui plus est dans la diagonale formée par ce maigre sentier, il renforce un peu plus cette impression de petitesse et de fragilité car il n’est pas accompagné de son mulet.
Philippe Piquot
Boîtier Minolta 7Xi
Objectif Minolta 28-105mm f3.5-5.6 en position 105mm
Pellicule prédécesseur de la Sensia 200ASA (diapo)
Voici quelques liens utiles pour approfondir certains sujets abordés :
Un peu d'histoire sur ce peuple Berbère avec Wikipédia
Quelques nouvelles de la santé de notre planète avec le rapport annuel 2004 du Programme des Nations-Unies pour l'Environnement. Et pour avoir encore plus de recul, voici celui de 2005.
Le site de la société Nomade Aventure avec laquelle je suis parti au Maroc et ailleurs.
Et enfin, le site d'une association d'étude et de protection de la Nature que je connais très bien. Le site, malheureusement, n'est plus vraiment mis à jour depuis un moment, cependant, sur le terrain, les adhérents sont toujours aussi actifs !

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19:20 Publié dans Souvenirs de prises de vues | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Voyage, maroc, berbere, photo, photographie, toubkal, montagne
19 avril 2006
Abbaye du Mont Saint Michel
Composition : l’importance du 1er plan
Bien sûr, cette photographie n’est pas exempte de défauts et je vous invite d’ailleurs à me donner des conseils pour la reprendre lors d’une prochaine visite du Mont.
Ma plus grande déception était ce temps variable, très peu ensoleillé, et l’heure de la journée qui plaçait cette vue en contre-jour. Mais il s’agit des aléas de la photo qui demande de la patience et un repérage précis pour déterminer le meilleur moment pour la prise de vue.
Ce jour là, je me promène sur les remparts qui ceinturent le Mont Saint Michel.
D’un côté, la Baie, immense, avec un horizon qui se perd entre ciel et marais salants.
De l’autre côté, la rue, en contrebas, avec ces maisons moyenâgeuses qui montent bien au-dessus des remparts. Et surtout, cette silhouette si caractéristique du Mont, en forme de pyramide, qui nous domine de toute sa hauteur.
Et justement, un peu comme Napoléon devant la Grande Pyramide, on pourrait dire admiratif « songez que du haut de ce monument, 13 siècles vous contemplent » …
Comment donc photographier cette « institution » ? Ce site parmi les plus visités de France sans tomber dans la banalité ? C’est qu’à force de voir des photos de cet endroit, même le moins passionné devient exigeant !
Je poursuis donc mon chemin, passe devant l’hôtel de la Mère Poularde, et là, je me retrouve face à cette maison aux poutres apparentes et à la façade peinte en jaune.
Fasciné, je pense d’abords en faire le sujet principal.
Pourtant il y va en photographie comme en habillement : il est bien plus efficace de suggérer que de montrer …
Je décide donc de faire une photo d’ensemble, dans laquelle cette maison fera office de 1er plan avec l'abbaye et la flèche de l’Archange en sujet principal.
L’idée me semble d’autant plus judicieuse que la forme en triangle du sommet de cette maison fait un parfait rappel avec la forme pyramidale - ou triangulaire - du Mont.
Ce choix étant fait, comment ajuster la composition pour avoir une image à la fois dynamique et stable ? Pour moi, une image est dynamique quand le regard bouge d’un plan à un autre et stable lorsqu’il n’est pas tenté de sortir du cadre.
- Pour le dynamisme, une composition verticale : le regard étant barré en bas par la poutre horizontale de la maison, il part en avant, en contre plongée, rebondit sur le toit de cette maison, puis sur les contours de l'abbaye pour se perdre enfin dans la pointe formée par la flèche de l’Archange.
- Et pour ne pas sortir de l’image par les côtés, je coupe légèrement le triangle du 1er plan sur la gauche ; je me déplace pour décentrer la pointe de la flèche de la pointe du toit et enfin, j’englobe une partie des toits sur la droite dont l’inclinaison dirige à nouveau le regard vers le haut.
Décidément, il n’y avait pas de meilleur endroit pour photographier le Mont !
Philippe Piquot
Boîtier Minolta 7Xi
Objectif Minolta 28-105mm f3.5-5.6 en position 35mm
Pellicule prédécesseur de la Sensia 200ASA (diapo)
PS : voici quelques sites utiles pour ceux qui souhaiteraient visiter le Mont ou en savoir plus sur son histoire ...
Office du Tourisme du Mont Saint Michel
Abbaye du Mont Saint Michel
Un moyen exceptionnel pour découvrir le Mont et sa baie : la traversée avec un guide

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15:10 Publié dans Souvenirs de prises de vues | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Photo, photographie, mont saint michel, mt st michel, baie du mont, normandie, site touristique
13 avril 2006
Enfants berbères
Cette photographie a été prise à l’occasion d’un trekking dans le Haut Atlas marocain. C’est une zone de montagnes arides, sèches et rocailleuses dont le sommet culmine à 4167m.
Au mois d’août, vers 3000m d’altitude, il fait bien 30C° à l’ombre le jour et il gèle la nuit.
Les villages, berbères, que nous avons traversés, s’accrochaient aux pentes du massif. La vie y était rude. Les gens refusaient tout contact avec les étrangers, jusqu’à s’enfermer chez eux à notre passage. Pourtant, si notre guide reconnaissait l’un des siens, nous étions accueillis avec chaleur et invités à partager ici le repas, là une fête traditionnelle.
Dans le village de ces enfants, nous n’étions pas attendus. Ils ont donc déguerpis comme à l’habitude mais un seul est resté, le jeune homme aux cheveux frisés. La conversation s’est aussitôt engagée car il était aussi désireux d’en apprendre sur notre vie que nous sur la sienne.
Il nous a raconté qu’il avait 16 ans. Il était très assidu à l’école, pourtant loin du village, et son ambition était « d’aller à la ville » pour entrer au collège et devenir instituteur. Dans son regard brillait toute sa détermination. En même temps, il émanait de lui une assurance tranquille qui montrait à quel point il croyait en son destin.
C’est ce regard et cette attitude qui me captivent lorsque je regarde cette photo.
Sans lui, les autres enfants n’auraient pas osés s’approcher et sans leur présence, la photo serait restée banale.
En effet, si ce jeune homme accroche nos regards, le groupe d’enfants les retient. Il y a tant de choses à lire, à imaginer dans leur attitude, dans leurs vêtements, dans la poussière dont ils sont couverts et jusqu’à leur culture … Remarquez-vous par exemple qu’il n’y a que des garçons ? qu’ils sont tous rasés, à l’exception du jeune homme ?
Cette photo captive et elle interroge en même temps.
Au quotidien ou en voyage, il y a 2 manières de prendre en photo un groupe ou une personne :
- A la dérobée, pour figer une expression, une mimique, ou bien l’instant.
Le résultat est souvent hasardeux : le regard se perd facilement car ceux des sujets convergent rarement vers le même point. Quant aux expressions, c’est « au bonheur la chance » ...
- Vous pouvez aussi préparer la photo et prévenir les « sujets ».
La composition sera sans doute meilleure, l’éclairage aussi, mais le risque est d’avoir une image convenue et de faire ressortir la gêne qu’ont beaucoup de personnes à être prises en photo.
Si je peux vous donner un conseil, un seul, c’est celui-ci : créez une relation avec vos « sujets ». Mettez-les à l’aise et ne prenez la photo qu’avec leur consentement, lorsqu’ils sont prêts. Certes, vous raterez peut-être des occasions, mais vos photos auront plus de force.
Depuis ce voyage dans le Haut Atlas, 10 années ont passé. Je me demande toujours ce qu’est devenu ce jeune homme ? S'il a réalisé son rêve de devenir instituteur ?
Boîtier : Minolta 7Xi
Objectif : Minolta 28-105Xi f3.5-5.6
Pellicule : l’ancêtre de la Sensia 100 (il faudra que je vérifie l’original dans mes cartons !)
Philippe Piquot

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05 avril 2006
Papillon Demi-Deuil
En cette belle journée de printemps, je me promène dans le sud de l'Essonne, à travers champs, lorsque je débouche sur une terre en jachère.
Il y a là une profusion de graminées dont les tiges montent jusqu'à 1m du sol et quelques centaurées dont la couleur mauve tranche avec le vert-paille des hautes herbes.
Je me dis que cette scène forme une belle composition pour une photographie d'insectes. En effet, le fond est clair, uni ; rien d'autre que cette fleur, accrocheuse, ne peut attirer le regard dans l'image que je compose mentalement.
Maintenant, il me reste à patienter en attendant qu'un des papillons qui virevoltent au dessus des herbes veuille bien faire de cette fleur son repas.
J'ai posé mon trépied, monté un objectif 105mm à une ouverture moyenne (5,6-8) afin que l'arrière-plan soit présent sans perturber la lecture du 1er plan. Et j'attends ...
Il aura tout de même fallu une demi-heure pour qu'un papillon daigne se poser sur la fleur et se décide à en goûter le nectar ! D'autres avant lui s'étaient bien posés, mais sans cette intention d'y rester un moment : leurs ailes pousuivaient leur battement et chaque mouvement agitait la fleur en tous sens.
A une vitesse de 1/60em, je pouvais espérer les saisir, mais je craignais que la netteté ne soit que relative. Et puis ce que j'attendais vraiment, c'est ce moment où le papillon s'apaise et prend son temps.
En regardant la photographie, il se dégage une impression de sérénité car le décor est en place et l'artiste, en scène, nous dévoile sa beauté, sans artifice.
Le petit plus est formé par le bouton d'une deuxième centaurée, au second plan, et par les lignes fuyantes des hautes herbes. Ces 2 détails viennent occuper l'espace laissé volontairement vide à droite, le but étant de faire "respirer" l'image.
Ces détails, je les attendais avec fébrilité au développement car trop présents et ils faisaient perdre de la force à la partie gauche de l'image ; trop absent et le regard, après s'être posé sur le papillon s'évadait du cadre par la droite.
Boîtier Minolta 9Xi
Objectif Sigma 105mm f2.8
Accessoire : filtre polarisant
Pellicule Sensia 100ASA (diapo)
Philippe Piquot

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30 mars 2006
Phare de la Pointe d'Agon au couchant
La Pointe d’Agon, pour ceux qui ne la connaissent pas, est une bande de terre - plutôt une bande de dunes – qui se referme sur l’estuaire de la Sienne, une rivière qui se jette dans La Manche entre les villes de Coutainville et de Régnéville. C’est ce qu’on appelle un « havre », parce que la rivière, à son embouchure, se déploie majestueusement, toute protégée qu’elle est des assauts de la mer.
Il n’y a qu’une vingtaine de havres en France et presque tous (une quinzaine) sont concentrés sur cette bande de littoral qu’offre le Cotentin sur sa partie ouest. C’est un magnifique paysage et un très beau spectacle sans cesse renouvelé par le va et vient des marées et la course folle des nuages remontant de l’Atlantique.
Ce rivage, qui est constitué de grandes plages sauvages plutôt que de récifs, se doit néanmoins d’être indiqué aux embarcations qui croisent au large la nuit ou par gros temps. C’est le rôle de ce phare, sentinelle solitaire posée sur les dunes et qui marque, par sa présence, l’unique relief de la côte en cet endroit.
Cette photographie a été prise à la fin du mois d’août 2003, ce fameux mois de canicule. La région a connu alors quelques violents orages qui ont nettoyé le ciel des impuretés accumulées pendant les heures les plus chaudes et l’ont rendu, l’espace d’un moment, plus cristallin.
Lorsque j’ai vu le soleil descendre sur la crête des dunes, j’étais loin de là, occupé à prendre des photos de l’estuaire vers l’intérieur des terres. Pressentant que cet instant serait flamboyant, j’ai vivement regroupé mes affaires, cavalé à travers les dunes pour me rapprocher du phare et cherché un endroit qui me permettrait d’avoir le soleil dans l’axe de la lentille de fresnel.
Mon idée était bien sûr de donner l’illusion que la lumière émanait du phare, plus que du soleil, tout en bénéficiant d’un effet de contre-jour qui le ferait apparaître en ombre chinoise.
L’effet me semble réussit, mais, comme bien souvent, je dois la réussite de cette image aux flamboyantes couleurs déployées ce soir là par le soleil couchant, et, comme une cerise sur le gâteau, à la présence tranquille de 2 promeneurs dont la silhouette se découpe en contrepoint du phare.
Bien sûr, j’ai pris plusieurs clichés de cette scène. 15 secondes avant et la lumière était trop fade. 15 secondes après et il ne m’était plus possible de trouver un endroit dans le bon axe !
Enfin, cette photo, qui a été réalisée avec un 105mm ne rendait pas grand-chose au grand-angle (18-35mm) car le ciel, ou le sol, prenaient bien trop d’espace et ne permettaient pas de trouver une accroche suffisante au regard.
Mon souvenir, en regardant cette photo, est donc celui d’un moment d’émerveillement devant la beauté du ciel à cette heure, d’un moment d’émerveillement si fugace et pourtant tellement durable …
Photo réalisée avec un boîtier Minolta 9Xi et un objectif Sigma 105mm f2.8
Pellicule : Sensia 100ASA (diapo)
Accessoire : filtre polarisant
Philippe Piquot
PS : voici quelques liens utiles pour celles et ceux qui souhaiteraient en apprendre plus sur ce lieu.
Le site de la ville la plus proche :
http://www.coutainville.com/
Du conservatoire du Littoral :
http://www.conservatoire-du-littoral.fr/front/process/Con...
D’un autre photographe de ces lieux, dont les photos m’ont séduites :
http://claude.schemali.free.fr/Cotentin/index.htm

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18:25 Publié dans Souvenirs de prises de vues | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Photo, photographie, pointe d'agon, coutainville, coucher de soleil, commentaire, ciel




















